Je partage avec vous mon expérience de 30ans de paysagisme entre Paris et Cannes et 7ans de peinture. En plus de ma formation à l'atelier de la Grande Chaumière à Paris, j'ai fait des études de botanique, car les plantes me passionnent depuis toujours, je suis devenu concepteur paysagiste et j'ai travaillé notamment avec G. Clément ou C. Müller; jamais ce regard de peintre ne m'a quitté, jamais !
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Le plan et le regard — deux langages pour dire un seul jardin
3 Juillet 2026
Rédigé par Arnaud Coquelin de Lisle et publié depuis
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Un même jardin, dessiné deux fois, ne se ressemble jamais.
D’un côté, une vue du ciel : des masses colorées, des courbes de circulation, des niveaux numérotés comme des indications de partition...
De l’autre, une scène vécue : un arbre de Judée en fleur et des vivaces entremêlées; et cette future sculpture pour ancrer le jardin et répondre à la déco de la maison..... In Out Harmony ! of course my dear !
C’est le même terrain. Ce ne sont pas les mêmes histoires.
Le plan — la pensée qui organise
Le plan, c’est la partie de mon métier qui doit tout à la rigueur. Trente ans à dessiner des jardins m’ont appris qu’avant la moindre plante, il faut penser la circulation, les proportions, les niveaux — je les note d’ailleurs presque toujours, “niveau 0”, “niveau 1”, “niveau 2”, comme des indications de mise en scène plus que des cotes techniques.
Le plan répond à des questions précises.
Où marche-t-on ?
Où s’arrête l’œil quand on entre ?
Comment la piscine dialogue-t-elle avec la maison,
et la maison avec l’horizon ?
C’est un langage abstrait, presque cartographique — et pourtant, c’est déjà une composition. Répartir les masses végétales sur une feuille, c’est déjà choisir un équilibre, un rythme, un silence à certains endroits et une densité à d’autres.
Le plan, c’est l’architecte en moi. Celui qui a besoin de voir l’ensemble avant de se laisser porter par le détail.
La perspective — le regard qui habite
Et puis il y a l’autre dessin. Celui qui se met à hauteur d’homme, ou penché depuis une terrasse, pour capter ce que le plan ne dira jamais : la lumière qui traverse les palmes, la texture d’un caillebotis en fin de journée, l’ombre longue d’un tronc d’olivier sur une dalle claire.
Ici, c’est le peintre qui reprend la main. Composition, cadrage, point de fuite choisi comme on choisirait un angle de toile — ce n’est plus une question de fonction, c’est une question d’émotion. La perspective ne montre pas où sont les massifs. Elle montre pourquoi on s’y arrête.
Sept ans de peinture à l’huile m’ont appris à regarderun espace avant de le remplir. Cette habitude ne m’a jamais quitté — elle s’est simplement déplacée du chevalet au jardin.
Le pont entre les deux
Le plan pense le jardin. La perspective le fait exister.
L’un sans l’autre reste incomplet. Un plan sans perspective demeure une abstraction — juste, mais froide, presque illisible pour qui n’est pas du métier. Une perspective sans plan reste une anecdote, aussi belle soit-elle — une scène séduisante mais sans colonne vertébrale.
C’est un peu la même tension que chez Soulages : la structure noire qui organise la toile, et la matière — la lumière qui vient s’y accrocher, s’y réfléchir, la faire vivre. Le plan, c’est le noir qui structure. La perspective, c’est ce que la lumière en fait.
Pourquoi je ne dessine jamais l’un sans l’autre
Je ne conçois jamais un jardin sur un seul de ces deux langages. Le plan me garde honnête — il m’empêche de céder à une belle image qui ne fonctionnerait pas dans l’usage réel du lieu. La perspective me garde vivant — elle m’empêche de réduire un jardin à un problème de circulation et de mètres carrés.
Entre les deux, il y a le jardin tel qu’il sera vraiment :
-------> pensé, habité, structuré et vécu !
Pour retrouvez notre travail, je invite à visiter notre site web : inoutharmony.com